EPAL est une association sans but lucratif qui garantit la qualité de plus de 400 millions d'europalettes. Plus de 70 millions d'entre elles sont fabriquées chaque année par plus de 400 producteurs répartis à travers le monde, alors que plus de 1000 centres de réparation de ces mêmes palettes sont actifs sur la planète. Producteurs, distributeurs, réparateurs, utilisateurs, compagnies de chemins de fer et autres transporteurs doivent ainsi faire face à de nombreux problèmes en vue d'assurer le bon fonctionnement d'une chaîne logistique complexe composée de l'ensemble des acteurs précités.
Le projet EPAL, commencé en 2007, a pour objectif d'identifier chaque palette individuellement afin d'améliorer le contrôle de la production et des réparations, de permettre une authentification précise, de doter les utilisateurs du pool d'un outil précieux de contrôle des flux, de la qualité et de l'appartenance des palettes et d'offrir de nouvelles opportunités au niveau de la chaîne logistique.
Tous les standards GS1/EPC sont entrés en ligne de compte : étiquettes EPC Gen2 passives pour le marquage, standards EPCIS pour l'enregistrement des informations, l'ONS européen.
Une des premières tâches fut de définir, ensemble avec la compagnie Holliger Pallet Logistics (l'un des partenaires d'EPAL dans ce projet), le positionnement du tag sur la palette en tenant compte des manipulations endurées et des critères de réparation. En effet, la palette subit de nombreux dommages durant son cycle de vie et la réparation est fonction de la nature de ces derniers. Le positionnement du tag doit donc également tenir compte de ces faits. Par ailleurs, une série de tests statiques et dynamiques ont été réalisés sur des palettes vides et chargées de différents articles conçus en aluminium ou contenant des liquides, ceci afin de tester le meilleur positionnement en fonction de l'utilisation de la palette, le but étant de trouver la position optimale garantissant le meilleur taux de lecture. Sur les cinq positions retenues (voir schéma), c'est finalement la position 3 qui a été choisie en raison du moindre risque qu'elle représente et de la lecture optimale du tag. De plus, afin de garantir une meilleure lecture de la palette, deux tags ont été placés sur celle-ci à raison de un de chaque côté.

A noter que six types de tags ont été testés parmi 40 modèles existants afin de trouver celui/ceux capables de résister à des variations de températures allant de - 20 °C à + 80 °C.
Afin de localiser et de contrôler la qualité de la palette à tout moment et de pouvoir déterminer si elle est en réparation ou en circulation, il est important de pouvoir tracer celle-ci au moyen des informations contenues dans le tag. EPAL a choisi pour cela d'y encoder un GRAI étant donné que, de son point de vue, il s'agit d'un « asset » réutilisable. Ensuite, les informations récoltées à l'aide des lecteurs et filtrées sont stockées dans les ERP de l'utilisateur et transmise à l'EPCIS. A noter que chacun des participants au projet possède la même architecture informatique en vue de l'échange des données.
Dès qu'une information est demandée par un utilisateur, le détenteur d'une licence ou par le secrétariat général d'EPAL, une requête est envoyée aux différents ONS en présence (l'ONS EPAL, l'ONS européen et l'ONS suisse), lequel transmettra l'adresse de l'EPCIS contenant l'information demandée afin de rediriger l'EPCIS du demandeur vers la source d'information pertinente. Ce dernier pourra alors disposer de toutes les informations nécessaires.

Le projet pilote a été réalisé en Suisse entre plusieurs partenaires et selon le schéma expliqué ci-dessus.
Les informations collectées sont différentes selon le type d'utilisateur. On distingue par exemple le détenteur d'une licence, le secrétariat EPAL et un utilisateur lambda. Si le détenteur d'une licence s'interrogera sur la qualité au l'authenticité d'une palette, sur sa localisation, le secrétariat d'EPAL portera son attention sur l'inventaire des europalettes au niveau mondial, l'identification de la contrefaçon ou l'existence de possibles marchés noir. L'utilisateur lambda, quant à lui, se concentrera sur l'authenticité de la palette ou son historique. En tous les cas, cette solution augmente la visibilité du flux des europalettes et permet de nouvelles possibilités logistiques.
Les résultats de ce projet pilote sont nombreux. Retenons avant tout la définition du positionnement et de l'incrustation du tag sur la palette, permettant d'atteindre un taux de presque 100 % de lecture. Mentionnons également que le concept de l'infrastructure a été réalisé et approuvé, tout comme le concept organisationnel et le modèle économique.
Par ailleurs, ce projet à mis en évidence une réduction du travail administratif à effectuer au secrétariat général d'EPAL, l'augmentation de la qualité des palettes EPAL, l'automatisation de l'attribution des licences et du processus de facturation et l'augmentation de la visibilité du flux tant au niveau local qu'au niveau international. Enfin, la possibilité d'identifier plus précisément l'existence de contrefaçon ou de marchés noir est facilitée.
La plupart des jalons ayant été posés, reste encore à définir le contenu du tag avec plus de précision. Si EPAL a choisi d'y encoder un GRAI pour une raison évidente (Il s'agit, dans ce cas, d'un « asset » réutilisable), d'autres utilisateurs du réseau EPAL voudront encoder un SSCC (Dans ce cas, il s'agit d'une unité logistique : la palette + le contenu) et assurer une meilleure traçabilité de leur envoi. Cela sera t'il possible moyennant l'écrasement du GRAI ou la segmentation de la mémoire du tag ? Serait-il plus intéressant d'y ajouter un ou plusieurs tags en vue d'effectuer toutes ces tâches ?
En vue de résoudre toute ces questions, un groupe de travail GS1 « RTI Pallet Tag definition » va être lancé. A noter également que le projet pilote va être étendu à d'autres pays. Avis aux amateurs !